Pauvreté, logement, itinérance : un appel à l’action
OTTAWA -- Le rapport déposé mardi par le Sous-comité sénatorial sur les villes du Comité permanent des Affaires sociales, des sciences et de la technologie révèle que le système de développement social du Canada a grand besoin de réformes. Intitulé Pauvreté, logement, itinérance : les trois fronts de la lutte contre l’exclusion, le rapport résume deux années de consultations pancanadiennes auprès de personnes pauvres ou itinérantes ainsi que des organisations communautaires, des universitaires, des groupes de réflexion et des fonctionnaires provinciaux et locaux.
« Nous avons entrepris cette étude en visant les citadins les plus vulnérables du pays, dont la vie est marginalisée par la pauvreté, les problèmes de logement et l’itinérance », a dit le sénateur Art Eggleton, président du Sous-comité. « Plus nous avancions dans notre recherche, plus notre frustration et nos inquiétudes grandissaient, à entendre sans cesse parler de politiques et de programmes qui ne font qu’accommoder la pauvreté -- en y piégeant les gens. »
Le Rapport met de l’avant plusieurs recommandations clés, mais insiste surtout sur l’importance pour le Canada, les provinces et les territoires de s’engager, ensemble, à sortir les gens de la pauvreté. La meilleure façon d’atteindre cet objectif consiste à créer un système à volets multiples fondé sur la coordination des efforts des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.
Le Rapport dénonce les taux élevés de pauvreté qui touchent plusieurs groupes de personnes au Canada. À ce chapitre, les autochtones, les nouveaux immigrants, les familles monoparentales et les personnes handicapées connaissent beaucoup moins de progrès, et ce, malgré les programmes spécialisés en place à l’heure actuelle.
« Ce rapport démontre à quel point notre système actuel marginalise les personnes les plus vulnérables de notre société », a affirmé la porte-parole du Parti vert en matière d’élimination de la pauvreté, Rebecca Harrison. « Trop souvent, des personnes appartenant à ces groupes sont forcées de travailler deux fois plus que les autres pour gagner le même revenu à cause des dispositions de recouvrement fiscal qui paralysent notre système social. Le seul moyen d’atténuer cette marginalisation consiste à éliminer les stigmates et les obstacles en améliorant les services et en offrant une aide universelle à toutes les Canadiennes et à tous les Canadiens. »
Le Parti vert du Canada compte créer des collectivités en santé dans l’ensemble du Canada par le biais d’un programme national de garde d'enfants abordable, de programmes axés sur l’élimination des obstacles financiers à l’éducation postsecondaire et de programmes de logement abordable et grâce à l‘adoption d’un indice de progrès réel (IPR) qui tient compte du travail non rémunéré et du bénévolat.
Le Parti vert du Canada estime aussi que le moment est venu de repenser une initiative stratégique d’envergure : l’impôt négatif sur le revenu, ou le revenu de subsistance garanti (RSG) pour tous. L’adoption d’un RSG permettrait d’éliminer la pauvreté et de laisser les services sociaux libres de se concentrer sur les problèmes de santé mentale et de toxicomanie.
« C’est Hubert Humphrey qui a dit que "le véritable test moral d'un gouvernement se reflète dans la façon dont il traite ceux qui sont à l’aube de la vie, les enfants; ceux qui sont au crépuscule de la vie, les aînés; et ceux qui sont dans l’ombre de la vie, les malades, les indigents et les handicapés" », a rappelé la chef des verts Elizabeth May. « En adoptant un RSG, le Canada transmettrait un message clair aux Canadiennes et aux Canadiens ainsi qu’à nos partenaires étrangers -- nous valorisons la contribution de chaque citoyenne et de chaque citoyen et, plutôt que de les considérer comme une dépense, nous estimons que c’est un investissement dans la prospérité future de notre nation. »
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