Les verts dénoncent le subterfuge du gouvernement Harper pour affaiblir encore davantage les cibles de réduction de GES
OTTAWA – Et voilà que Harper remet ça. Prétextant les cibles peu ambitieuses des États‑Unis en matière de réduction des gaz à effet de serre (GES), le Canada vient de présenter une nouvelle version édulcorée de nos engagements aux termes de Kyoto, avec 2005 au lieu de 2006 pour année de référence. « Non satisfait d’avoir saboté l’effort international à Copenhague, le gouvernement Harper doit encore affaiblir les cibles canadiennes », a déploré la chef des verts Elizabeth May.
En 2006, après l’accession au pouvoir des conservateurs de Harper, le Canada était déjà juridiquement tenu de réduire ses émissions de GES de 6 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2012. Sous les gouvernements libéral et conservateur successifs, les émissions du Canada n’ont cessé d’augmenter. Le gouvernement Harper a renié nos engagements juridiquement contraignants et annulé tous les programmes climatiques. Aujourd’hui, Harper fixe des cibles qui laisseront le Canada avec des émissions largement au-dessus des niveaux de 1990 d’ici 2020.
« Les conservateurs manipulent encore une fois les chiffres et nous n’avons toujours pas de plan concret pour commencer à réduire nos émissions et entreprendre le virage vers l’économie verte qui assura l’avenir du Canada. Le Nord réclame des mesures concrètes », a dit John Streicker, porte-parole des verts en matière d’affaires nordiques et arctiques.
« Le plan "made in Canada" longtemps attendu est une fois de plus un plan "made in Houston". Le Canada n’a aucun plan pour réduire les émissions de GES, tandis qu’Harper manipule agressivement les médias pour tenter de se donner bonne figure », estime pour sa part la porte-parole des verts en matière de changements climatiques, Adriana Mugnatto‑Hamu. « Il me semble qu’une solution véritablement canadienne aurait pu traduire l’esprit de coopération internationale et de leadership que les Canadiennes et les Canadiens souhaitent projeter dans le monde. »
L’entente intervenue à Copenhague demande aux Parties inscrites à l'annexe I de réduire leurs émissions de GES au-delà des cibles auxquelles elles s’étaient engagées aux termes du Protocole de Kyoto, et le plan présenté par les conservateurs va dans la direction opposée.
« Il est tout à fait inacceptable de chercher continuellement à réduire notre engagement à combattre la crise climatique en se cachant derrière la cible des États‑Unis. N’oublions pas que les États‑Unis ont investi 112 milliards de dollars dans l’énergie verte et ont mis de l’avant un vrai plan, tandis que le Canada a annulé pratiquement tous les investissements dans l’énergie verte et n’a aucun plan crédible », a rappelé Mme May.
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