Plan de nettoyage : pas de salut pour le Love Canal

OTTAWA – Le 23 mars 2010 marque la plus récente tentative pour nettoyer les 700 000 tonnes de déchets toxiques qui constituent les étangs de goudron de Sydney – un estuaire de cent acres situé sur l’île du Cap-Breton, en Nouvelle‑Écosse. Un plan de nettoyage jugé inefficace par la Commission mixte fédérale-provinciale d'évaluation environnementale après avoir entendu les témoignages d’experts est actuellement mis en œuvre. 

« C’est tellement triste », a déploré la chef des verts Elizabeth May. « Des dizaines de millions de dollars ont été investis pour déterminer comment nettoyer les étangs de goudron. La communauté est littéralement malade et fatiguée et n’a tout simplement plus l’énergie pour se battre. »

Essentiellement, le dernier plan de nettoyage prévoit enchâsser le bouillon toxique dans des blocs de béton. Pour ce faire, il faudra détourner le débit de l’eau hors de l’estuaire, prétraiter les sédiments par déshydratation et mixer le béton, un projet estimé à 400 millions de dollars. Les maisons situées à proximité, dont les sous-sols et les cours ont été contaminés, ne font pas partie du plan de nettoyage.

« La méthode retenue consiste à solidifier et stabiliser sur place toutes les matières contaminées et, bien qu’elle ait été utilisée dans certaines décharges de déchets toxiques, elle n’a jamais été utilisée sur un site où la concentration de matière organique et l’intrusion d’eau de mer étaient aussi élevées », a expliqué Mme May.

Le problème est que les sédiments des étangs de goudron se composent à 50 % de charbon, un pourcentage de matière organique trop élevé pour se lier adéquatement et permettre au béton de durcir. Des expériences ont démontré qu’au fil du temps, le béton s’affaiblissait.

« Les Canadiennes et les Canadiens devraient avoir honte d’avoir enduré ce cauchemar toxique pendant aussi longtemps », a ajouté Mme May. « Le soi-disant plan de nettoyage risque d’aggraver les problèmes de santé que connaissent déjà les gens de cette collectivité. Nous avons besoin d’un effort national pour faire en sorte que ce nettoyage soit fait en bonne et due forme. »  

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Renseignements :
Debra Eindiguer
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