Harper plie devant AbitibiBowater

OTTAWA – Le Parti vert du Canada exprimait aujourd’hui sa consternation en apprenant que le gouvernement fédéral avait conclu un accord avec le géant forestier AbitibiBowater au lieu de se défendre contre la poursuite intentée par la société en vertu de l’article 11 de l’ALENA. AbitibiBowater allègue que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador a saisi ses actifs dans le but de l’exproprier. La vérité est que le géant forestier avait plutôt conclu un bail de 99 ans qu’il violait en quittant la province.

« Les dispositions du bail conclu par Terre-Neuve-et-Labrador étaient ridicules en ce que la province accordait presque gratuitement tous les droits sur ses ressources forestières et hydroélectriques. Le bail de 99 ans était archaïque, mais il était conditionnel à l’opération de l’usine par AbitibiBowater. La décision du gouvernement fédéral d’offrir 130 millions de dollars à la société forestière, sans opposer cette réclamation, est un scandale », a martelé la chef des verts Elizabeth May.

AbitibiBowater a déposé un recours en dommages et intérêts auprès de l’ALENA en 2008. Lorsque la société a fermé ses installations de Grand Falls—Windsor, entraînant des centaines de mises à pied, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, a décidé de reprendre les actifs hydroélectriques et les droits sur les autres ressources qui avaient été loués à la société. La décision de Williams avait été largement perçue comme dans le meilleur intérêt de la collectivité, dont l’économie était largement tributaire de l’usine.

Comble de l’ironie, le gouvernement fédéral a annoncé que la prochaine fois, il réclamerait des dommages et intérêts à toute province dont les actions donneraient lieu à des poursuites. « Le gouvernement Harper aurait mieux fait de dire que, dorénavant, il se rangerait du côté des intérêts de toute société américaine et attaquerait les provinces canadiennes avec cette nouvelle politique anticanadienne », a dénoncé Jacqueline Romanow, porte-parole du Parti vert en matière de Commerce et de Développement international.

« En qualité de représentante du Conseil fédéral du Parti vert pour Terre-Neuve-et-Labrador, je partage la consternation d’un grand nombre de mes concitoyens qui se demandent jusqu’où ira Stephen Harper dans sa querelle avec Danny Williams. Ce nouveau coup bas coûtera 130 millions de dollars aux contribuables canadiens. »

AbitibiBowater a des bureaux à Montréal, mais est incorporée dans l’État du Delaware, aux États‑Unis, ce qui lui permet d’intenter des poursuites en vertu de l’ALENA. L’accord conclu doit encore recevoir l’aval du tribunal, et le Parti vert du Canada se joint aux Canadiennes et aux Canadiens pour réclamer la publication de toutes les dispositions de l’accord conclu par le gouvernement fédéral.

Renseignements :
Debra Eindiguer
Attachée de presse
Parti vert du Canada
613-240-8921
media@partivert.ca