Un puits de pétrole menace les bélugas
Le Parti vert du Canada demandait aujourd’hui au premier ministre Harper de protéger les bélugas du golfe du Saint-Laurent en instaurant un moratoire sur l’exploitation pétrolière et gazière dans cet écosystème sensible. L’Office Canada-Terre-Neuve des hydrocarbures extracôtiers a déjà donné le feu vert aux travaux préliminaires et aux essais sismiques qui précèderont la construction d’un puits de pétrole en eau profonde à l’est des îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent.
« Nous savons que ce gouvernement souhaite protéger les bélugas, puisqu’il vient d’annoncer la création de la Zone de protection marine de Tarium Niryutait. À présent, les citoyennes et les citoyens de la côte Est demandent au gouvernement de ne pas oublier les bélugas du golfe du Saint-Laurent, qui sont davantage menacés que ceux de l’Arctique », a dit la chef des verts Elizabeth May.
D’après le site Web du ministère des Pêches et des Océans, il y a déjà eu près de 10 000 bélugas dans le réseau fluvial du Saint-Laurent, mais il n’en reste plus qu’un millier aujourd’hui. L’activité industrielle, la pollution environnementale et les collisions entre navires commerciaux et plaisanciers sont tous des facteurs ayant contribué au déclin de l’espèce.
« Avec la désintégration de son habitat et la contamination de son approvisionnement alimentaire, notre magnifique béluga lutte pour sa survie. Nous avons inscrit cette espèce sur la liste des espèces protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril et nous serions prêts à accepter de dégrader davantage son écosystème? C’est inacceptable », a dit Mary Gorman, porte-parole de Save our Seas and Shores Coalition. « Les essais sismiques affectent de manière irréversible l’aptitude des bélugas à migrer, à communiquer à et à survivre. Si le premier ministre est sincère dans son désir de protéger nos baleines à risque, il réclamera l’instauration immédiate d’un moratoire permanent sur les essais sismiques dans le golfe du Saint-Laurent. »
« Nous devons nous rendre à l'évidence : la réglementation fragmentaire du Canada est inadéquate, a ajouté Mme May. La protection de quelques spécimens ici et là est loin de constituer une mesure de protection adéquate pour une espèce à risque. Il nous faut un plan d’ensemble capable de circonscrire efficacement la problématique en interdisant toute activité de développement économique dans certaines régions. Dans le contexte actuel de la crise climatique, il est encore plus urgent de nous doter d’un plan qui permettrait également de réduire nos émissions de carbone et de favoriser la résilience des espèces pour qu’elles puissent s’adapter aux changements qui surviennent au sein de leurs écosystèmes. »
Commentaires additionnels :
« Le Parti vert est scandalisé par la nouvelle fourberie commise par le gouvernement conservateur, qui a pris soin de réserver une partie de l’habitat du béluga de l’Arctique pour des projets d’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Les essais sismiques ont des conséquences extrêmement graves pour les cétacés, dont une perte auditive permanente et l’incapacité à s’orienter. On ne peut pas protéger les bélugas et exploiter le gaz et le pétrole dans une même région. Nous demandons au gouvernement Harper d’étendre la portée de la protection offerte aux bélugas en instaurant un moratoire sur l’exploration et l’exploitation pétrolière et gazière dans le golfe du Saint-Laurent. Si nous avions cru un seul instant que le gouvernement violait l’essence même d’une aire marine protégée en excluant une portion de ce territoire pour permettre aux sociétés pétrolières de proliférer dans l’Arctique, nous n’aurions jamais applaudi ce que nous pensions être une mesure de conservation substantielle. »
Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada
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