Les dix raisons qui ont motivé Elizabeth à choisir le comté de Central Nova

Lorsqu'Élisabeth May a décidé de se présenter dans la circonscription du ministre des affaires étrangères, Peter MacKay, les médias l'ont critiqué vivement. A l'époque, les médias étaient aussi persuadés qu'elle avait fait une erreur en choisissant le comté urbain de London centre nord pour une élection partielle ; malgré cela, Élisabeth y est arrivée seconde avec 26% du vote populaire. Rétablissons les faits ; dans le style franc et direct de David Letterman et avec les mots mêmes d'Élisabeth, voici les dix raisons qui ont motivé sa décision de briguer les suffrages dans le comté de Central Nova en Nouvelle Écosse pour la prochaine élection fédérale :

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La Nouvelle-Écosse et les provinces atlantiques en général sont de plus en plus oubliées et sous-représentées à la chambre des communes. Il est temps d'avoir un chef de parti fédéral qui représente les provinces atlantiques. Le récent budget Harper démontre clairement le status d'abandon des provinces atlantiques. Il fut une époque où nous avions des bureaux de poste, des trains de passagers, un téléjournal local à Radio Canada, des écoles locales à dimension humaine (et non de monstrueuses usines à diplômés), et la liste pourrait s'allonger encore. Les emplois disparaissent, le marché du travail se durcit et quel est le message de Stephen Harper ? Levez-vous et marchez vers l'Alberta. Pour des emplois de qualité, allez en Alberta !

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La Nouvelle-Écosse est ma province depuis 1973. Qu'importe la durée de mon travail à Ottawa, je m'arrange toujours pour passer le quart de l'année en Nouvelle Écosse (plus selon les années) pour y travailler, bien sûr, et pas juste pour des vacances. Mon père a 82 ans et ne voyage plus ; je ne pourrais pas le voir beaucoup si ma circonscription était ailleurs qu'en Nouvelle-Écosse. Je suis également très proche de mon frère et de ma belle-soeur ; ils ne voyagent pas non plus et je ne les verrais pas non plus. Ma fille ne verrait ni son grand-père ni sa famille si je me présentais ailleurs qu'en Nouvelle-Écosse. Je me présente comme candidat avec l'idée d'être le meilleur député que ma circonscription ait jamais eu. Cela implique d'être là, le plus souvent possible. Ailleurs, où irait ma famille ? En serait-elle réduite à une courte visite annuelle ? Je n'étais pas préparée à laisser tomber ma famille en Nouvelle-Écosse pour la politique. Je suis peut-être un peu égoiste.

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Je veux aussi que mon message au niveau national s'aligne sur ma campagne locale. On dira peut-être que je me répète mais voici : le gouvernement Harper est le plus gros obstacle à une action canadienne efficace sur les changements climatique, à un système de justice impartial, à une justice pour les peuples autochtones, à une protection efficace de nos systèmes de santé contre les ingérences du privé, à une politique étrangère vraiment indépendante, aux droits des femmes, à la protection de la jeunesse et à un tas d'autres choses. En choisissant de me présenter contre un membre du cabinet de Stephen Harper, j'ai choisi de faire la promotion de la vision verte du Canada mais j'ai aussi choisi, pour ainsi dire, de montrer le chemin, de traçer une ligne entre nous et ceux qui choisissent d'emprunter le chemin périlleux traçé par ce gouvernement minoritaire.

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J'ai une vision très concrète et pratique de mon travail en tant que chef de parti. Je sais que je devrai passer au moins la moitié de la campagne à l'extérieur de ma circonscription, en voyage à travers le Canada pour le parti mais l'autre moitié, je la passerai dans mon comté. Si, dans mon comté, je me présente contre un simple membre de l'opposition, un libéral ou un membre du NPD, aucun média national ne s'occupera de ma campagne ; elle sera, pour ainsi dire, trop plate pour eux. En conséquence et pour garder l'éclairage médiatique sur la plate-forme électorale du Parti vert, je me dois de garder le haut du pavé en menant une campagne enthousiaste et, je l'espère, fascinante pour les électeurs.

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Je me dois de démontrer que le Parti vert n'est PAS un parti avec une seule idée. En choisissant de me présenter dans Central Nova, je me battrai contre le ministre des affaires étrangères et j'espère montrer la clarté et la vision de nos politiques internationales en l'opposant à l'approche du gouvernement de Stephen Harper, politique qu'on pourrait simplifier comme celle du : "Oui, monsieur !" envers vous savez qui.

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Peter MacKay et moi avons eu une bonne conversation. Il a un bon sens de l'humour. Je l'aime bien et j'aimerais le libérer de la vie misérable qu'il a dû avoir à prendre ses ordres de Stephen Harper. (Dans l'immédiat, il ne verra pas peut-être pas que c'est pour le mieux mais, avec le temps, j'espère l'en convaincre.)

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Ceci étant dit, Peter a, dans le passé, fait preuve d'un manque de jugement flagrant. Il n'aurait pas dû manquer à sa parole avec David Orchard pour la donner à l'Alliance et à Stephen Harper. Le Parti Progressiste Conservateur du Canada a été cannibalisé par le Parti de l'Alliance. (Ce pacte, qui a scellé sa victoire, passera à l'histoire comme celui qui a vu le dernier véritable chef du Parti Progressiste Conservateur du Canada). La perte de l'adjectif "progressiste" au parti conservateur a été plus qu'une perte grammaticale. La politique canadienne a perdu, pour ainsi dire, son coeur. La perte d'un parti traditionnel, progressiste et conservateur face au parti des Libéraux à l'éthique pour le moins flexible, est une perte douloureuse pour notre pays.

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Les politiques économiques du Parti vert, celles même qui font la promotion du développement local et durable, des valeurs communautaires et qui encourage les petites entreprises locales autant que les entreprises à capital partagé ou coopératives, ces politiques économiques, dis-je, sont très bien réflétées par le mouvement "Antigonish" dans les provinces maritimes. J'ai déjà fait mention des théories du père Moses Coady lors de la course au leadership des verts il y a un an. J'aime bien l'idée de faire redécouvrir ces trois notions de base que sont l'éducation des adultes, le modèle économique coopératif et les coopératives de crédit. (le père Coady encourageait les gens à chercher la solution à leurs problèmes en travaillant à des solutions coopératives). Me présenter dans ce comté qui a vu naître le mouvement "Antigonish" a donc un sens profond.

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Je peux gagner dans le comté de Central Nova. (Bien sûr, la lutte sera difficile mais quelqu'un peut-il me proposer un seul comté facile pour le Parti vert ?) Peter MacKay n'a pas gagné avec une grande marge de manoeuvre en 2006. Près de 60% des électeurs ont voté pour d'autres candidats. Le candidat le plus populaire, une femme exceptionnelle nommée Alexis MacDonald, se présentait sous la bannière du NPD. Elle travaillait à Toronto avec la fondation Stephen Lewis et je sais qu'elle ne se représentera pas. Après 10 ans de règne du député Peter MacKay, les comtés de Pictou, d'Antigonish et de Guysborough souffrent tous d'un taux de chômage élevé, de bas niveaux d'investissements locaux, de services réduits tant dans les services de santé, l'éducation, le réseau des bibliothèques locales et un tas d'autres services. Je n'ai pas l'illusion que la lutte sera facile mais j'ai la ferme intention de gagner. Certains pourraient dire qu'il s'agira du combat de David contre Goliath. Peut-être ont-ils oublié de quelle façon cette histoire fameuse s'est terminée.

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Et enfin, dernière raison, disons un peu humoristique, ma raison numéro 1. (roulement de tambour s'il vous plait) Comment pourrais-je vivre dans une circonscription qui n'a pas de Frenchy's ? (pour les non-résidents des maritimes, il s'agit d'une blague interne que seul un résident des maritimes pourrait vous expliquer) Note du traducteur : Je crois qu'Élisabeth fait référence à une variante locale de la poutine du chenal du Moine à Sorel, pour ceux qui la connaissent.