Pas de sauvetage pour les radiodiffuseurs : stimulons l’économie avec plus de contenu canadien, pas moins, disent les Verts
OTTAWA – Les grands radiodiffuseurs et les principaux organismes de production canadiens réclament la majeure partie des fonds fédéraux débloqués pour les arts, tout en demandant au gouvernement l’autorisation de réduire la programmation locale et le contenu canadien offerts sur leurs ondes. Les Verts estiment que les dépenses de relance dans le domaine des arts doivent soutenir la production locale et préserver et créer des emplois canadiens, tout en contribuant à améliorer l’offre de contenu canadien dans l’ensemble du pays.
« Les Canadiennes et les Canadiens veulent davantage de contenu canadien, pas moins, ce que le gouvernement Harper ne semble pas avoir compris puisqu’il s’apprête à voler au secours des grands radiodiffuseurs et des méga-producteurs avec des changements réglementaires et des allégements fiscaux et en leur permettant de renoncer à leurs engagements envers le système de radiodiffusion canadien », a déclaré la chef des Vert Elizabeth May.
Le gouvernement fédéral consacre près de 100 millions de dollars par année au soutien de la production de films et de télévision par l’entremise du Fonds canadien de télévision (FCT). Le financement fédéral était jadis destiné à soutenir les politiques et la programmation régionales, mais depuis quelques temps, la plupart de ces fonds sont réclamés par les radiodiffuseurs les mieux nantis et détenant la plus grande part du marché. Les petits producteurs indépendants en région doivent livrer une concurrence féroce aux plus grands conglomérats médiatiques pour réussir à obtenir une partie de ce financement restreint.
« Tout projet destiné à renflouer les radiodiffuseurs doit avoir des exigences précises à l’égard du contenu canadien », a déclaré Claude Genest, chef adjoint du Parti. « Aussi, les fonds débloqués pour les films et les émissions de télévision doivent être distribués en région, aux petits producteurs indépendants, pas canalisés vers les grands conglomérats. »
Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a par ailleurs prévu des audiences pour le renouvellement des licences de télévision à compter du 27 avril 2009 à Gatineau, au Québec, pour examiner les demandes de renouvellement des licences de courte durée des groupes de télédiffuseurs classiques, dont CTVglobemedia, Canwest et Rogers. La majorité de ces télédiffuseurs souhaitent être exemptées de la plupart de leurs obligations réglementaires, y compris l’obligation d’offrir des émissions canadiennes prioritaires et les exigences liées à la production indépendante.
« Ce sont les petits producteurs locaux, basés en région, qui ont besoin de l’aide du gouvernement. Ces petites entreprises créent des emplois pour des producteurs, des opérateurs et des cadreurs, des monteurs et des techniciens, en plus d’embaucher des jeunes qui débutent dans le domaine. Les jeunes cinéastes ne devraient pas être obligés de déménager à Toronto pour parvenir à trouver du travail », a ajouté Mme May.
Une restructuration s’impose dans la manière de répartir les fonds publics dans le secteur de la production de films et d’émissions de télévision, afin de valoriser la création de récits canadiens.
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