La Porte d’entrée de l’énergie de l’Atlantique est sans issue, disent les Verts

SAINT JOHN -- Elizabeth May, chef du Parti Vert du Canada, a fait part de sa grande déception suite à l’annonce cette semaine par le ministre fédéral Peter MacKay que le gouvernement conservateur s’apprêtait à investir 4 millions de dollars dans ce qu’il appelle la « Porte d’entrée de l’énergie de l’Atlantique ». « Cette porte est sans issue, a déploré Mme May. Non seulement la somme allouée est-elle ridiculement basse, mais l’initiative porte essentiellement sur une série de mégaprojets irresponsables et néfastes pour l’environnement, alimentés par des combustibles fossiles et de l’uranium, et sur l’énergie destinée à l’exportation. Les coûts liés à ce type de croissance économique dépassent largement les retombées que l’on serait en droit d’espérer. »

Le gouvernement fédéral chercher à accroître les exportations d’électricité et de combustibles fossiles de l’Atlantique vers les États-Unis par le biais du « Couloir de transport de l’énergie du Nord-Est », qui traverse le Nouveau-Brunswick et le Maine, en misant notamment sur l’exportation de produits pétroliers raffinés provenant d’une nouvelle raffinerie Irving, de gaz naturel liquéfié de Nouvelle-Écosse, d’électricité produite par une nouvelle centrale nucléaire située à pointe Lepreau et d’un mégaprojet hydroélectrique situé sur le cours inférieur de Churchill, ainsi que sur l’exportation d’énergie éolienne.

Le Parti Vert du Canada estime que le gouvernement fédéral doit soutenir une transition qui permette à la région de se soustraire à sa grande dépendance aux combustibles fossiles et de développer de nouvelles sources d’énergie renouvelables. Les provinces de l’Atlantique se trouvent dans une situation idéale pour donner l’exemple au reste du Canada en intégrant une forte proportion de ressources énergétiques renouvelables décentralisées -- des sources d’énergie véritablement durables telles que le granulé de bois, l’énergie éolienne, solaire et marémotrice, l’hydroélectricité et le biogaz.

« Les provinces de l’Atlantique ont déjà la plus grosse empreinte de carbone par habitant au pays après l’Alberta et la Saskatchewan, sans compter qu’elles sont dangereusement dépendantes de l’importation de quantités considérables de pétrole de la guerre et, dans une moindre mesure, de l’importation de charbon de la guerre, ce qui signifie qu’elles contribuent aussi à financer des régimes répressifs à coups de milliards de dollars », a déclaré Jim Stephenson, porte-parole du Parti Vert en matière d’énergie. « L’important est d’éliminer nos centrales à combustibles fossiles, d’éviter de construire une autre raffinerie de pétrole et de mettre la clé dans la porte de Lepreau II. »

MacKay a également proposé d’organiser un sommet sur l’énergie dans la région de l’Atlantique, auquel il inviterait les quatre premiers ministres et les leaders de l’industrie pour étoffer cette stratégie de croissance digne des années 60 basée sur la mise en œuvre de mégaprojets un peu partout dans la région. « Le gouvernement conservateur est pris de nostalgie et veut opérer un retour vers le passé », a dit Mme May. « Ce dont le Canada atlantique a besoin ce sont des investissements dans les systèmes énergétiques au sein des collectivités. Les idées sont là, il ne manque plus qu’à les exécuter. »

Le Parti Vert investirait de l’argent pour soutenir les efforts d’Efficacité Nouveau-Brunswick, de Conserve Nova Scotia et de l’Office de l'efficacité énergétique de l’Île-du-Prince-Édouard pour leur permettre d’exploiter le plein potentiel de la région en matière d’efficacité énergétique en modernisant les maisons, bâtisses et industries désuètes et énergivores. La mise en œuvre d’un réseau intelligent et l’amélioration du réseau d’interconnexion entre les provinces des Maritimes en vue de maximiser le développement de différentes sources d’énergies renouvelables décentralisées, comme la cogénération à partir de bois gazéifié, les éoliennes, le biogaz et l’énergie solaire, ont également besoin de capitaux. Les éoliennes communautaires, qui créent des retombées économiques pour les propriétaires des parcs d’éoliennes au lieu de profiter à des sociétés étrangères, comme tente de le faire l’Île-du-Prince-Édouard, pourraient certainement bénéficier de l’appui et de la participation du gouvernement.

« Il y a encore tant à faire et le temps presse. Des propositions démodées comme cette soi-disant porte d’entrée sont extrêmement frustrantes. »

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