Des négateurs des changements climatiques nommés à des postes clés

OTTAWA -- Les Conservateurs viennent de commettre une nouvelle attaque sournoise contre les sciences en nommant des négateurs des changements climatiques biens connus à des postes clés au sein d’organismes de financement, et s’apprêteraient à éliminer une grande partie de la recherche dont le Canada a si désespérément besoin. « Malheureusement, ce nouvel affront ne me surprend pas », a dit la chef du Parti Vert du Canada Elizabeth May. « Le gouvernement conservateur a toujours affiché un mépris profond pour la science. Nous sommes en voie de perdre nos plus éminents chercheurs, ils émigrent peu à peu vers les États-Unis ou d’autres pays, qui reconnaissent l’urgence de faire avancer la recherche sur les changements climatiques. »

M. Mark Mullins du Fraser Institute, en Colombie-Britannique, un virulent critique du  Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), vient d’être nommé au Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), où il rejoindra le mathématicien Christopher Essex, selon qui le phénomène du changement climatique serait un mythe. Un autre négateur des changements climatiques, l’ancien chef de cabinet de M. Harper John Weissenberger (employé chez Husky Energy, en Alberta), a été nommé au conseil d’administration de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI). Ces deux organismes de financement assurent une grande partie des budgets de recherche universitaire sur les changements climatiques.  « Le fait que ces personnes refusent de reconnaître le consensus scientifique entourant les changements climatiques suffit à remettre en question leur capacité à faire partie de ces conseils de financement », a pour sa part affirmé Lisa Fox, porte-parole des Verts en matière d’environnement. « La crédibilité au sein de la communauté scientifique devrait être un critère incontournable pour être habilité à décider d’accorder ou non du financement à un projet de recherche. »

Le gouvernement conservateur semble de moins en moins apte à faire la distinction entre sciences et politique. Au printemps 2006, tous les documents du GIEC avaient été retirés du site Web d’Environnement Canada et, depuis, les scientifiques d’Environnement Canada ont été bâillonnés. Lorsque le prix Nobel a été décerné à 200 scientifiques canadiens parmi les plus éminents, le gouvernement Harper n’a même pas cru bon de souligner l’événement. De nombreux programmes liés aux changements climatiques ont dû mettre la clé sous la porte faute de fonds. L’avenir de la Fondation canadienne pour la recherche atmosphérique et climatique est lui aussi en péril, puisque son financement ne sera pas renouvelé.

« La dernière attaque du gouvernement conservateur contre la recherche scientifique au Canada dépasse largement les bornes. Les organismes indépendants de financement comme le CRSNG ont notamment pour but de prévenir toute ingérence politique au niveau du financement de la science. En ce moment, nous ratons des occasions, nous perdons des scientifiques et nous perdons le respect de la communauté scientifique internationale. », a conclu Mme May.

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