Bradage nucléaire
OTTAWA -- Le gouvernement Harper s’est enfin décidé à prendre des mesures pour régler les problèmes qui sévissent au sein d’Énergie atomique du Canada limitée (EACL) en vendant son réacteur nucléaire et en recrutant un administrateur du secteur privé pour gérer ses installations déficientes de Chalk River, ce qui laisse de nombreuses questions en suspens sur l’imputabilité envers les contribuables canadiens.
Nous n’avons aucun plaisir à dire « nous vous l’avions bien dit », mais de toute évidence, les verts sont le seul parti fédéral à avoir saisi toute la gravité de la crise de radio-isotopes qui se préparait et décrié l’inaptitude d’EACL. La décision du gouvernement Harper de retirer EACL de la débâcle de Chalk River et de vendre uniquement l’opération du réacteur de la société d’État confirme qu’il a enfin compris que le problème n’a jamais été la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), ni sa présidente Linda Keen. Le problème a toujours été l’incompétence légendaire d’EACL. Aujourd’hui, nous voulons des réponses honnêtes à d’autres questions clé : sur les 20 milliards de dollars donnés à EACL par les contribuables, à combien se chiffrent les pertes? Qui se chargera des déchets nucléaires? Les responsables de l'inspection de la sûreté nucléaire recouvreront-ils leur indépendance? La vérificatrice générale doit examiner tous les détails de cette vente pour s’assurer que nous n’y perdrons pas encore au change.
« Nous espérons que cette vente préservera les contribuables canadiens de nouveaux cafouillages d’EACL et mettra enfin un terme aux subventions fédérales accordées à l’industrie nucléaire », a dit Amy Collard, porte-parole des verts en matière de ressources naturelles. « Entre temps, nous devons veiller à établir très rapidement une production fiable de radio-isotopes médicaux de sources non nucléaires. »
Le Parti vert réclame le transfert des 7 milliards de dollars de passif des laboratoires de Chalk River à une nouvelle commission indépendante de déclassement sous la régie d’Environnement Canada. Ce fouillis aura des répercussions à long terme, qui nécessiteront une gestion à perpétuité. D’autres sections du laboratoire directement liées à la science doivent retourner sous la gouverne du Conseil national de recherches du Canada.
« Le moment est venu d’investir l’argent des Canadiennes et des Canadiens dans des entreprises rentables, bien gérées et qui ouvrent la voie dans le domaine des technologie vertes. Pendant que nous délaissons cette industrie risquée, coûteuse et endormie qu’est le nucléaire, nous devons exiger des comptes, afin de nous assurer que pas un sou de plus de l’argent des contribuables ne soit gaspillé et que les normes de sécurité les plus rigoureuses soient appliquées. Cette vente doit se faire dans l’intérêt du Canada, et pas pour gonfler les poches d’investisseurs privés. Cela dit, EACL a englouti des milliards de dollars en fonds publics au fil des années et il est grand temps de fermer le robinet », a dit la chef des verts Elizabeth May.
« Il s’agit maintenant de savoir si gouvernement Harper est prêt à s’engager à ne pas assumer les risques d’un nouveau réacteur et à ne pas reconduire les subventions à des entreprises privées. Si le gouvernement Harper croit qu’il peut se servir de l’argent des contribuables canadiens pour financer la construction d’un réacteur nucléaire en Ontario, qui profitera à des intérêts privés, il se met le doigt dans l’œil », a dit Mme May.
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