Le Canada fossilisé une fois de plus

OTTAWA -- Le 2 octobre 2009, pendant la cinquième journée des négociations sur le climat de Bangkok, le Canada a reçu son troisième Fossile du jour de la part du Climate Action Network. Le Climate Action Network (CAN) est une coalition de 450 organisations non gouvernementales (ONG) qui remet des prix aux pays freinant l'atteinte d'une entente internationale sur les moyens de diminution des changements climatiques. Le présent Fossile du jour a été décerné au Canada après que ses négociateurs aient poursuivi leur opposition à l'entente selon laquelle l'année 1990 deviendrait l’année de base pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre.

« La réception de l’un de ces prix (à la dernière conférence des parties à Poznan, en Pologne, le Canada a reçu le prix “Fossile colossal” pour avoir été le pire pays pendant toute la durée des négociations) entache la réputation internationale du Canada », déclare la chef des verts, Elizabeth May. « Mais pire encore, il signifie que la position de notre gouvernement fait obstacle à la prise d’actions concrètes sur ce problème critique. »

Le gouvernement Harper a fixé une cible de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport au niveau de 2006. Cette cible a été largement critiquée, car elle ne tient pas compte des niveaux suggérés par les scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. « Depuis son arrivée au pouvoir, le premier ministre Harper manipule l’année de base, ce qui lui a permis de convaincre quelques Canadiennes et Canadiens qu’il agissait concrètement alors qu’il laisse augmenter le taux d’émissions plus rapidement que jamais. Mais ce genre d’action ne peut berner les négociateurs internationaux sur le climat; le Canada a déjà été rappelé à l’ordre sur ce point », explique la porte-parole des verts en matière de changements climatiques, Adriana Mugnatto-Hamu.

Jusqu’à maintenant, le gouvernement canadien a résisté à l'utilisation de 1990 comme année de base puisque les émissions du Canada ont augmenté substantiellement depuis; il serait encore plus difficile d’atteindre les cibles d’émission. Monsieur Harper accuse l’inaction des anciens gouvernements pour l’échec de la réduction des émissions. Elles ont diminué légèrement entre 2004 et 2006, mais elles ont augmenté subitement après 2007, la dernière année enregistrée. Le taux d’émissions du Canada atteint maintenant des records. Selon la Fondation David Suzuki, le Canada émet maintenant plus que les 760 millions d’habitants de l’Afrique réunis.

« Les rumeurs de l’instauration d’un système de plafonnement et d’échange canadien restent des rumeurs, et pendant que nous attendons un véritable leadership et des actions concrètes, nous voyons nos négociateurs créer des problèmes dans les conférences internationales sur le climat », ajoute Mme Mugnatto-Hamu.

Le Canada s’est également vu décerner un Fossile du jour pendant la journée d’ouverture de la conférence de Bangkok, lorsque le premier ministre Harper a raté l’occasion de s’adresser à l’ONU pour aller plutôt visiter un Tim Horton à Oakville. Les négociations internationales sur le climat de Bangkok se termineront le 9 octobre.

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Debra Eindiguer
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