Le Parti vert condamne l’extradition de Marc Emery
OTTAWA – Le ministre fédéral de la Justice Rob Nicholson confirmait hier que le militant pro-marijuana, Marc Emery, serait extradé aux États‑Unis sous peu, une décision condamnée par le Parti vert. Cette décision a été prise peu après que M. Emery se soit livré aux autorités canadiennes à l'échéance de sa caution le 10 mai 2010.
M. Emery a été arrêté en 2005 après une opération d’infiltration dirigée contre son commerce électronique de graines de marijuana. L’été dernier, M. Emery avait conclu une entente avec les autorités étatsuniennes et encourrait une peine d’emprisonnement d’au moins cinq ans aux États‑Unis pour avoir distribué des graines de marijuana. La décision de l’extrader met un terme à cinq ans de démêlés juridiques dans le but d’éviter de répondre à ces accusations devant la justice des États-Unis.
« Envoyer Marc dans une prison américaine pour une infraction pratiquement sans conséquence au Canada est une grave erreur », a dénoncé la chef des verts Elizabeth May. « Nous demandons au ministre de la Justice de revenir sur sa décision. À tout le moins, Marc devrait purger sa peine au Canada. »
Le 15 mars 2010, des députés conservateurs, libéraux et néodémocrates ont déposé à la Chambre des communes des pétitions signées par des milliers de personnes dans le but d’empêcher l’extradition de M. Emery aux États-Unis.
« Marc n’est pas un criminel dangereux », a plaidé Adriane Carr, leader adjointe du Parti vert. « Il est un entrepreneur légitime, qui croit fermement en ce qu’il fait. Cette sentence est complètement disproportionnée et le fait qu’il doive purger sa peine aux États-Unis est une véritable injustice. »
Jodie Emery, la candidate du Parti vert dans Vancouver-Sud et l’épouse de M. Emery, a soutenu son mari pendant toute la durée de cette épreuve.
« Je suis tout à fait dévastée que ce gouvernement conservateur ait décidé d’envoyer mon mari, un citoyen canadien, aux États-Unis pour un "crime" punissable par une simple amende de 200 $ au Canada », a déploré Mme Emery. « Ce dossier a été monté dans le seul but de museler mon mari et de faire cesser ses activités pro-marijuana. Ce gouvernement conservateur a déclaré la guerre à la culture au Canada et mon mari est sa plus récente victime. »
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