La marée noire de BP sonne l’alarme pour les propriétaires riverains du golfe du Saint-Laurent

PICTOU COUNTY – Alors que les Canadiennes et les Canadiens ont les yeux rivés sur les images choquantes des paysages dévastés du golfe du Mexique, nous tournons notre regard vers nos propres rivages et la nécessité de prévenir ce genre de tragédie ici, chez nous. Le Parti vert du Canada unit sa voix à celle de la puissante Save Our Seas and Shores Coalition pour réclamer un moratoire sur l’exploration et l’exploitation pétrolière et gazière dans le golfe du Saint-Laurent.

Un appel similaire a été lancé la semaine dernière par l’Association des pêcheurs de l’Île-du-Prince-Édouard et repris par le ministre de l’Environnement de la province, Richard Brown. « Nous aimerions voir les autres provinces et le fédéral faire preuve du même leadership et du même respect que l’Île-du-Prince-Édouard pour notre gagne-ain et nos communautés côtières historiques », a dit Greg Egilsson, porte-parole de la Gulf NS Herring Federation. L’administration Obama a imposé un moratoire sur toutes les activités de forage en eau profonde dans le golfe du Mexique après avoir été témoin de la désolation causée par le déversement qui affecte la région depuis treize semaines. « Un moratoire est en place pour Georges, un autre pour le golfe du Mexique, pourquoi n’y en a-t-il aucun dans le golfe du Saint-Laurent? », a lancé Egilsson.

« Les propriétaires riverains de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de l’Île-du-Price-Édouard et du Québec ont raison de s’inquiéter avec toutes les preuves qui s’accumulent et démontrent à quel point l’industrie pétrolière et gazière est mal préparée pour gérer un déversement d’hydrocarbures. L’industrie a prouvé qu’elle ignorait comment prévenir un déversement, comment arrêter un déversement et comment nettoyer un déversement », a renchéri la chef des verts Elizabeth May.

Une concession a été accordée à Corridor Resources près des îles de la Madeleine, dans le golfe du Saint-Laurent, dans une zone considérée comme la région marine la plus productive au Canada. Des essais sismiques sont prévus à l’automne et le forage devrait débuter en 2012. Les scientifiques réclament un moratoire pour le golfe du Saint-Laurent depuis près de 40 ans. Parce que les courants du golfe évoluent dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre, un déversement d’hydrocarbures dans la région proposée pour le puits de pétrole en eau profonde contaminerait les rives et les communautés côtières du Québec, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard, mettant en péril une industrie de la pêche de 300 millions de dollars et plus de 20 000 emplois seulement pour les trois provinces maritimes.

« Un seul puits suffit à tout mettre en péril, et si nous les autorisons à s’installer dans le golfe du Saint-Laurent, on ne se demandera plus si une catastrophe se produira, mais quand », a mis en garde Mme May. « Notre industrie touristique, notre qualité de vie, nos pêches – c’est tout cela qui est en jeu. La marée noire du golfe du Mexique se rapproche de nos côtes et de nos collectivités côtières, et les propriétaires doivent réaliser que la menace n’est pas seulement dans le Sud, mais ici, chez nous. Les Canadiennes et les Canadiens doivent se mobiliser pour protéger ce que nous avons pour nos enfants avant qu’il ne soit trop tard. » 

Renseignements :
Debra Eindiguer
Attachée de presse
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