Légalisez et commercialisez le pavot afghan, dit May
OTTAWA - Il est temps d’abandonner cette campagne menée en vain pour éradiquer la culture du pavot en Afghanistan et d’adopter une nouvelle stratégie pour aider les Afghans à gagner dignement leur vie tout en marginalisant les barons de la drogue et les seigneurs de la guerre, déclarait aujourd’hui la chef du Parti Vert Elizabeth May.
Elle exhortait l’OTAN et la communauté internationale à adopter le projet Pavot pour Médicaments (Poppy for Medicine ou « P4M ») – soit autoriser la culture contrôlée du pavot pour la production de morphine au sein même des villages afghans en vue de l’exporter vers les pays en développement dans le cadre d’accords commerciaux spéciaux.
« Combien de preuves nous faudra-t-il encore accumuler avant d’admettre que l’éradication ne fonctionne pas? », demandait Mme May. « La production d’opium explose. La superficie cultivée s’accroît d’année en année, et l’Afghanistan produit aujourd’hui plus de 90 pour cent de l’opium mondial. L’économie de la drogue représente la moitié du PIB du pays. »
Mme May ajoutait que le gouvernement afghan et les forces internationales qui tentent d’instaurer la sécurité et de fournir des services de base dans le sud de l’Afghanistan doivent aujourd’hui faire un choix déchirant : légaliser et commercialiser les cultures de pavot (tout en fournissant l’aide extérieure dont ont un urgent besoin les pays en développement sous la forme de médicaments subventionnés) ou renforcer le coûteux programme d’éradication forcée, qui empoisonne l’environnement avec des pesticides et nous fait perdre « la confiance et le cœur » des pauvres fermiers qui cultivent le pavot pour survivre.
Le Senlis Council – un centre d’études internationales qui comporte des bureaux à Kaboul, Londres, Paris et Bruxelles – propose le projet Pavot pour Médicaments comme l’occasion d’établir une certaine confiance entre les régions éloignées et le gouvernement central à Kaboul. Une fois que des liens solides auront été établis, le développement socio-économique et les programmes de cultures de remplacement pourront être élargis dans le cadre d’un système de quotas à l’échelle des villages. Les « paiements de protection » versés aux Talibans diminueront, privant ainsi les forces insurgées d’une importante source de financement.
L’année dernière, le Parti Vert est devenu le premier parti politique à appuyer l’approche du Senlis Council dans le dossier de la culture de pavot afghan. Aujourd’hui, le Parti publie sa propre recherche sur la proposition et répond aux critiques les plus fréquentes. De plus amples renseignements sont offerts au www.partivert.ca/en/policy/documents/P4M [en anglais seulement]
« Nous devons regarder au-delà de la rhétorique américaine de la guerre contre la drogue et admettre que l’épandage continu de pesticides sur les cultures de pavot afghanes, en plus de nuire à l’environnement, entrave les progrès déjà réalisés dans les dossiers de la reconstruction et de la sécurité », déclarait Mme May.
« Le projet Pavot pour Médicaments est une solution créative à une question épineuse. C’est la meilleure chance qu’on puisse donner à l’Afghanistan. »
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Renseignements :
John Chenery
Directeur des communications
Parti Vert du Canada
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