Le Parti Vert est scandalisé par les interventions continuelles de Harper à la Commission du blé

GRANDVIEW (MB) – Le Parti Vert du Canada a demandé aujourd'hui au gouvernement Conservateur de cesser de nuire aux agriculteurs de l'ouest du Canada. De façon tout à fait délibérée, le gouvernement a fixé artificiellement un prix initial trop bas pour le blé de l'ouest du Canada vendu par le biais de la Commission canadienne du blé (CCB).

« Nous sommes outrés de voir le premier ministre Harper appauvrir les producteurs de blé délibérément avec ses manœuvres politiques de bas étage », a déclaré Kate Storey, la porte-parole du Parti Vert en matière d'agriculture. « Le gouvernement Harper a fixé un prix initial très bas, contre la recommandation de l'analyse de marché de la Commission, et a refusé de le relever. Le prix initial équivaut maintenant à moins de 40 pour cent du prix du marché mondial. »

La Commission est en mesure d'obtenir des prix plus élevés sur le marché mondial, plus souvent que des agriculteurs isolés, parce qu'il contrôle la totalité du blé de boulangerie. L'agriculteur reçoit un prix initial à la livraison du blé, puis le reliquat à la fin de l'année. Le prix initial est fixé par le gouvernement fédéral, généralement à 75 pour cent du prix final prévu.

« Cette année, une pénurie de denrées alimentaires sur le marché mondial causée par une nouvelle demande, très importante, pour les biocarburants, a déclenché une flambée des prix du blé », a déclaré Mme Storey. « La Commission a demandé à plusieurs reprises une augmentation du prix initial pour l'aligner sur les nouveaux marchés, mais M. Harper a fait la sourde oreille.

« M. Harper a fait preuve d'un mépris total à l'égard des agriculteurs par ses tentatives de fermeture de la Commission et par ses interventions continuelles. Les agriculteurs ont besoin de liquidités en automne car les factures arrivent, et ils commencent aussi à planifier leur prochaine récolte », a déclaré Mme Storey. « Les agriculteurs ne peuvent pas se permettre d'attendre ces rentrées d'argent plus longtemps pendant que M. Harper essaie d'imposer son idéologie anti-coopératives. »

« Le Parti Vert du Canada a beaucoup d'estime pour la Commission qui a plaidé la cause des agriculteurs et demandé un relèvement du prix initial », a déclaré Elizabeth May, la chef du Parti Vert. « Nous condamnons le gouvernement Harper et ses manœuvres sordides contre la Commission ainsi que sa volonté de détruire les fermes familiales. »

Fiche d’information

La Commission canadienne du blé (CCB) est une coopérative de vente du blé et de l'orge produits dans l'ouest du Canada. Il est soutenu par la majorité des agriculteurs, car il permet aux petits agriculteurs comme aux agriculteurs isolés d'accéder aux mêmes marchés que les exploitations plus grandes ou plus proches des centres urbains.

L'ouverture du marché pénalise les petits agriculteurs car les négociants céréaliers préfèrent s'en tenir à un petit nombre de contrats portant sur de gros volumes, et s'épargner le travail administratif que demanderait une multitude de petits contrats. Ils préfèrent aussi faire affaire avec des agriculteurs situés à proximité de chez eux pour limiter leurs frais de déplacement.

Le pain est l'aliment de base par excellence, et le blé des prairies canadiennes, d'une qualité exceptionnelle, est très demandé dans le monde entier.

Le gouvernement canadien garde le contrôle de la Commission afin de préserver notre sécurité alimentaire. Le gouvernement nomme le PDG et 5 des 15 directeurs de la Commission, et fixe le prix initial. La Commission fonctionne sous l'autorité du parlement.

Le premier ministre Harper est contre les coopératives pour des raisons idéologiques; il préfère laisser les grands et les forts prospérer au détriment des petits agriculteurs. Les riches continuent à s'enrichir tandis que les pauvres continuent à s'appauvrir. Il en résulte une concentration croissante des exploitations agricoles, une tendance à un contrôle national du marché de l'agro-alimentaire, et une réduction de la diversité à tous les niveaux de la production agro-alimentaire.

Harper essaie de se débarrasser de la Commission depuis l'automne dernier. Depuis un an, il a :
• émis une ordonnance de non-publication afin d'empêcher la Commission de se défendre et d'expliquer ses activités;
• remplacé les directeurs de la Commission et limogé le PDG pour tenter de prendre le contrôle de la Commission;
• faussé une élection des directeurs de la Commission par les agriculteurs en éliminant 36 pour cent des électeurs admissibles de la liste des électeurs de la Commission, et tout cela pendant une élection de directeurs de la Commission;
• manipulé une consultation sur l'orge en posant une question tendancieuse et en présentant les résultats de façon trompeuse;
• perturbé des opérations de commercialisation organisées en retirant le contrôle de l'orge à la Commission en toute illégalité à une époque de l'année où son intervention nuit le plus aux agriculteurs. L'illégalité de cette action a été confirmée par une décision de la Cour suprême rendue le 31 juillet 2007, les agriculteurs canadiens contre le gouvernement Harper.

Les agriculteurs sont de plus en plus contre le gouvernement Conservateur. Ils ont peur qu'un gouvernement Conservateur majoritaire ne mette fin à tous les programmes de soutien à l'agriculture.