Le cœur de l’Afrique saigne encore, préviennent les Verts

HALIFAX – Le Parti Vert du Canada affirme que la violence permanente et systémique qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) mérite qu’on lui accorde toute notre attention, et demande au gouvernement Harper de faire preuve de leadership en renforçant la surveillance gouvernementale des industries extractives canadiennes qui opèrent dans les pays en développement.

Le conflit en RDC, qui a été décrit comme « la guerre mondiale africaine », a fait plus de cinq millions de victimes parmi la population civile au cours des dix dernières années, ce qui en fait le conflit le plus meurtrier pour la population civile depuis la Seconde Guerre mondiale. Les ressources minières de la RDC – or, cuivre, coltan et diamants – attirent un grand nombre de sociétés extractives canadiennes dans une région extrêmement instable.

« Ce sont encore les femmes et les enfants qui sont les plus affectés, alors que des milliers sont victimes d’agressions sexuelles et privés de services essentiels comme la santé et l’éducation », a déclaré la chef du Parti Vert Elizabeth May. « Les pays occidentaux industrialisés continuent d’ignorer cette tragédie, alors que ce sont eux qui profitent le plus de l’exploitation de cette abondance de ressources naturelles en RDC. Par conséquent, la RDC est aujourd’hui l’un des pays les plus pauvres de la planète, la scène de graves violations des droits de la personne et victime de la destruction massive de ses ressources naturelles. »

Le Parti Vert demande au gouvernement Harper de mettre en œuvre les recommandations du rapport final des Tables rondes nationales sur la responsabilité sociale des entreprises publié en 2007. La mise en œuvre de ce cadre de travail déboucherait sur l’établissement de normes et d’obligations claires en matière de production de rapport pour les sociétés canadiennes. Elle permettrait également la création d’un cadre pour enquêter sur les plaintes déposées par les collectivités affectées.

« Les ressources naturelles de la RDC n’ont jamais été gérées de manière responsable et durable », a déclaré le porte-parole du Parti en matière d’affaires internationales Eric Walton. « Les Congolaises et les Congolais ont le droit de profiter des avantages procurés par les richesses de leur pays, au lieu d’être les otages de cycles d’exploitation destructeurs établis au rythme du colonialisme des derniers siècles. »

Les Verts réclament également la création d’un conseil de surveillance des ressources naturelles auquel prendront part des bailleurs de fonds internationaux, les autorités congolaises et la société civile, afin d’enrayer la corruption et de centraliser l’information et les plaintes à l’égard des secteurs minier et forestier. Comme pour le Cambodge, les ONG internationales pourraient être engagées pour assurer le suivi de la mise en œuvre des réformes dans ces secteurs et vérifier la conformité.

« La situation en RDC est très grave, et les Canadiennes et les Canadiens ont le devoir de prendre des mesures de consolidation de la paix efficaces et décisives », a déclaré M. Walton. « En qualité de chef de file international dans l’industrie minière, le Canada est bien placé pour s’assurer que les sociétés minières canadiennes actives en RDC sont guidées par des normes de responsabilité sociale élevées. »

Le rapport final des Tables rondes nationales est offert en ligne au lien suivant [en anglais seulement] : http://geo.international.gc.ca/cip-pic/library/Adv...