Le Parti Vert demande au gouvernement de modifier le système alimentaire canadien
MARGAREE – Le Parti Vert a sonné l’alarme face à la dernière éclosion de listériose, estimant que les décès attribuables à la bactérie Listeria devaient suffire à convaincre le ministre de la Santé Tony Clement et le ministre de l’Agriculture Gerry Ritz de la nécessité ce revoir la réglementation sur la salubrité des aliments.
« En 1996, le gouvernement libéral avait retiré la salubrité alimentaire du mandat de Santé Canada », a rappelé la chef du Parti Vert Elizabeth May. « La responsabilité de la salubrité alimentaire a alors été transférée à l’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA). Le problème est que l’Agence est également chargée de promouvoir les produits agroalimentaires. Nous constatons aujourd’hui que la réglementation en matière de salubrité est conçue pour un système alimentaire mondial plutôt qu’un système alimentaire local beaucoup plus durable. Le système alimentaire mondial comporte plusieurs risques en raison des longues distances que parcourent les aliments, de l’impossibilité de vérifier l’application de la réglementation et la salubrité à chaque étape de la manipulation des aliments à l’échelle mondiale, et de la longue durée de conservation attendue des produits aujourd’hui. »
La porte-parole du Parti Vert en matière d’industrie et de PME Huguette Allen, également candidate dans la circonscription d’Okanagan—Shuswap, a mené une campagne énergique contre les nouveaux règlements sur l’inspection des viandes mis en place en Colombie-Britannique et qui nuisent aux petites exploitations agricoles.
« De nombreuses régions canadiennes pourraient développer des économies alimentaires locales très dynamiques, mais les normes de salubrité conçues pour encadrer les aliments transportés dans le monde entier constituent un obstacle de taille pour les petites exploitations familiales. Et pourtant, la logique et l’expérience nous indiquent que, peu importe les normes auxquelles sont soumis les produits alimentaires mondiaux, le système ne sera jamais tout à fait sécuritaire et les conséquences des éclosions de bactéries seront inévitables. »
Mme Allen a par ailleurs rappelé que le gouvernement Harper avait déclaré que le système canadien de distribution alimentaire n’était pas garanti à 100 p. cent et que « des cas d’empoisonnement alimentaire et d’éclosion de bactéries pourront survenir de temps à autre. » Pourtant, le gouvernement interdit aux exploitations familiales canadiennes dans la majorité des provinces de vendre des produits avicoles et de viande élevés et transformés sur place.
Conformément à son programme de privatisation, le gouvernement Harper a annoncé qu’à compter d’octobre 2008, il n‘inspecterait plus les abattoirs canadiens inspectés par le gouvernement fédéral [sic], mais demanderait à ces entreprises de faire rapport sur leurs propres opérations.
« Le Parti Vert s’oppose à cette mesure et insiste pour que le gouvernement passe au crible le système alimentaire canadien et les règlements entourant la salubrité des aliments et ramène la salubrité alimentaire entre les mains de Santé Canada », a déclaré Mme Allen. « L’ACIA doit prendre en charge les économies alimentaires locales plutôt que les produits agroalimentaires et les économies alimentaires mondiales. »

