Promesse sur le bitume : encore une manœuvre de Harper
MONTRÉAL – La promesse de Stephen Harper de suspendre les exportations de bitume extrait des sables bitumineux de l'Alberta n'est qu'une manœuvre électorale cynique et trompeuse qui ne fera rien pour combattre les changements climatiques, déclarait aujourd'hui le Parti Vert.
« C'est encore une manœuvre de Harper », a dit la chef du Parti Vert Elizabeth May. « Il affirme vouloir réduire la pollution, mais il contribue à la faire augmenter. »
M. Harper a fait ce discours creux le même jour que Global Carbon Project, un consortium de scientifiques internationaux basé en Australie, rapportait que les émissions mondiales de gaz à effet de serre se situaient au dessus des scénarios les plus pessimistes élaborés l'an dernier. De plus, une nouvelle étude dirigée par le professeur Mark Jaccard de l'Université Simon Fraser a conclu que les politiques du gouvernement conservateur sur la réduction des émissions avaient « très peu de chances » de permettre aux Conservateurs d'atteindre leur objectif le plus bas, soit une réduction de 20 pour cent sous les niveaux de 2006 d'ici 2020, et risquaient plutôt de les maintenir au même niveau.
Lors d'une déclaration faite dans le cadre de sa campagne électorale, M. Harper a affirmé que le Canada interdirait dorénavant les exportations de bitume – un mélange goudronneux extrait à un coût considérable pour l'environnement puis transformé en pétrole – vers des pays qui n'ont pas d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre équivalents à ceux du Canada.
À l'heure actuelle, le Canada exporte environ 500 000 barils de bitume par jour, principalement vers les États-Unis. La politique de M. Harper n'aurait pas d'effets sur ces exportations, et ce, malgré le fait que les États-Unis n'ont aucun objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a souligné Mme May lors d'un arrêt à la gare centrale de Montréal dans le cadre de son marathon électoral pancanadien en train.
« Ce discours semble impressionnant, mais les Canadiennes et les Canadiens ne sont pas dupes : la promesse de M. Harper est sans effet dans la lutte contre les changements climatiques », a dit Mme May. « Interdire des exportations fictives, vers des consommateurs futurs et hypothétiques, n'est rien d'autre qu'une manœuvre cynique pour jeter de la poudre aux yeux des électrices et des électeurs du Canada.
« Cette mesure pourrait éventuellement freiner les exportations de bitume, mais ne permettrait pas de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le bitume sera tout simplement transformé dans une nouvelle raffinerie polluante située en sol canadien, qui produira du pétrole destiné aux marchés étrangers. »
Mme May a par ailleurs rappelé que M. Harper appuyait la création d'emplois sales et polluants à une époque où le Canada devait se tourner vers une économie verte.
M. Harper a également affirmé qu'un gouvernement conservateur éliminerait les obstacles réglementaires « et autres » – en parlant sans doute des études d'impact sur l'environnement – à la construction de pipelines d'hydrocarbures dans le nord canadien. « Encore une politique qui ne manquera pas de faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre et de perpétuer la vieille économie insoutenable », a dit Mme May.
« La crise climatique est réelle et menaçante. Les impacts négatifs de la crise climatique sur les Canadiennes et les Canadiens seront bien plus graves que tout ce que nous avons pu observer par le passé. Pourtant, le gouvernement Harper continue de faire l'autruche dans les sables bitumineux. »

