Le Parti Vert cloue au pilori la réglementation sur les sables bitumineux

VANCOUVER – Le Parti Vert a rejeté d’emblée la nouvelle réglementation du ministre de l’Environnement John Baird sur les émissions produites par l’industrie des sables bitumineux, la jugeant inacceptable puisqu’elle ne permettra pas de réduire de façon significative les émissions industrielles de gaz à effet de serre.

« La réglementation du ministre Baird est conçue pour faire croire au public qu’il prend des mesures concrètes pour lutter contre les changements climatiques, alors qu’en réalité ce n’est que du vent », a déclaré la chef du Parti Vert Elizabeth May. « La cible établie par le gouvernement Harper, qui consiste à réduire les émissions de 20 p. cent par rapport aux niveaux de 2006 d’ici 2020, signifie que les émissions demeureront dangereusement élevées. Cette cible n’est pas fondée sur la science, et le reste de la planète utilise plutôt 1990 comme année de référence – en 1990, les émissions du Canada étaient de 24 p. cent inférieures à celles de 2006.

« Le plan du gouvernement Harper prévoit aussi des cibles d’intensité – une mesure frauduleuse inventée par l’administration Bush qui permet aux émissions absolues de continuer à grimper. Le plan en question permettra également à l’industrie des sables bitumineux de poursuivre sa croissance débridée, en plus d’autoriser d’importantes hausses des émissions. Il n’y a rien de "vert" dans cette réglementation.

« Elle nous réserve toutefois une surprise : depuis l’annonce initiale l’an dernier, Baird y a ajouté de nouvelles échappatoires :

• Des mécanismes pour le double comptage des réductions d’émissions;
• Les centrales doivent être en mesure de capturer le carbone, mais le gouvernement doit mettre en place l’infrastructure;
• Les centrales en mesure de capturer le carbone pourront atteindre toutes leurs cibles en versant simplement 15 $ à un fond technologique pour chaque tonne de carbone émise, et ce, sans réduire leurs émissions;
• Environ 20 p. cent des installations visées par la réglementation initiale y seront dorénavant soustraites puisque la nouvelle réglementation touche à présent les installations qui émettent au moins trois kilotonnes plutôt que la kilotonne prévue à l’origine;
• Les cibles de réduction pourront désormais être atteintes à l’échelle de l’entreprise, plutôt que par des installations individuelles. »

Mme May a par ailleurs ajouté que la nouvelle réglementation ne faisait rien pour décourager l’industrie d’ériger de nouvelles centrales thermiques alimentées au charbon. En fait, les nouvelles installations n’ont aucune cible à respecter pendant les six premières années d’opération, après quoi elles sont soumises à des cibles d’intensité.

« Je suis extrêmement atterrée de constater que le gouvernement Harper poursuit cette campagne de relations publiques avec pour tout objectif de tromper les Canadiennes et les Canadiens, au lieu de prendre de véritables mesures pour éviter la crise climatique et mettre fin à notre dépendance aux combustibles fossiles. »