Le Canada (encore) du mauvais côté de la Déclaration des droits des Autochtones, dit le Parti Vert
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12 Juin 2007 - 10:40am
OTTAWA -- Elizabeth May, chef du Parti Vert, déclarait aujourd’hui que la décision du gouvernement Harper de retirer son soutien à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones trahissait les peuples des Premières nations, inuit, innu et métis et enfonçait un autre clou dans le cercueil de la réputation internationale du Canada.
Le Canada a joué un rôle clé dans la rédaction de la déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. De hauts fonctionnaires des Affaires indiennes, du ministère de la Défense et des Affaires étrangères ont tous exhorté le gouvernement à appuyer la Déclaration. Mais les gouvernements d’Australie et des États-Unis opposent cette déclaration depuis longtemps, et jusqu’à maintenant, ils étaient seuls dans leur camp.
« Un autre jour, une autre source d’embarras pour le Canada sur le plan international », déplorait Mme May. « En choisissant une fois de plus de se ranger du côté de George Bush et du premier ministre Australien John Howard, M. Harper réaffirme sa détermination à changer radicalement le rôle du Canada sur la scène internationale.
« Jusqu’à récemment, nous faisions partie des figures de proue en ce qui a trait à la lutte contre la pauvreté, la protection des droits de la personne et la protection de l’environnement », affirmait Mme May. « Aujourd’hui, nous prenons le parti des retardataires et des saboteurs. »
Les experts en droits des peuples autochtones des Nations Unies soulignent qu’au début de la dernière décennie, le Canada dirigeait les efforts visant à réviser la Déclaration des droits des Autochtones, puis à gagner le soutien d’autres pays. Les États-Unis et l’Australie étaient devenus complètement isolés dans leur opposition au document.
« D’avoir obtenu que le Canada se range avec eux représente un important pas en arrière pour les peuples autochtones à l’échelle de la planète», affirmait Mme May. « Si les pays du monde sont incapables de s’unir pour déclarer leur soutien pour les droits des peuples autochtones, il ne fait pas de doute que les perspectives de progrès à l’égard des inégalités profondes subies par de nombreux peuples autochtones semblent très mornes. »
« La position de M. Harper qui consiste à opposer la Déclaration ne cadre pas avec la volonté des Canadiennes et des Canadiens », déclarait Lorraine Rekmans, porte-parole du Parti Vert en matière d’affaires autochtones. « Il n’a fait preuve d’aucun leadership sur les questions autochtones depuis son abandon de l’Accord de Kelowna, et son approche est pour le moins antagoniste. Le gouvernement conservateur n’a déployé aucun effort véritable pour résoudre de graves questions de santé telles que l’eau potable pour les Premières nations, et il a fait preuve d’un manque d’intérêt flagrant pour le dossier des revendications territoriales. L’attitude de M. Harper fait obstacle au progrès tant chez nous que sur le plan international. »
Le revirement du gouvernement Harper sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones est le dernier épisode de la saga "Dr. Jekyll et Mr. Hyde" du Canada sur la scène internationale. En voici d’autres :
- La déclaration stipulant que le Canada ne ferait aucun effort pour respecter ses engagements juridiquement contraignants à l’égard des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre aux termes du Protocole de Kyoto;
- Le renversement manifeste de la position du Canada sur le bouclier américain de défense antimissiles et l’appui des plans de l’administration Bush pour la construction de bases de "la Guerre des étoiles" en Pologne et en République tchèque;
- Le retard accumulé quant aux engagements du Canada en matière d’aide à l’Afrique et le blocage des efforts pour tenir les pays responsables de leurs promesses d’aide dans le cadre du Sommet du G8.
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Camille Labchuk
Attachée de presse
Parti Vert du Canada
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