Le projet de loi sur les biocombustibles ne résoudra pas la crise climatique, mais risque d’aggraver la crise alimentaire, disen
Le projet de loi sur les biocombustibles ne résoudra pas la crise climatique, mais risque d’aggraver la crise alimentaire, disent les Verts
OTTAWA – Le projet de loi sur les biocombustibles du premier ministre Stephen Harper n’est pas conçu pour atténuer la crise climatique et devrait être rejeté par le Parlement, affirme le Parti Vert. Le gouvernement a introduit le projet de loi C 33, qui établit une teneur minimale de 5 p. cent en biocombustibles pour tous les carburants d’ici 2010.
« Ce projet de loi n’est qu’un autre cadeau du gouvernement Harper à l’industrie des biocombustibles », a déclaré la chef du Parti Vert Elizabeth May. « Les 2,2 milliards de dollars versés à ce jour par les contribuables à l’industrie des biocombustibles en font déjà le programme environnemental le plus coûteux du budget de 2008. Les subventions accordées à l’industrie des biocombustibles étant liées à l’augmentation des prix des denrées alimentaires et à la faim dans le monde, le Parti Vert estime que ce projet de loi ne peut que perpétuer le problème. Toute nouvelle loi devra absolument faire la distinction entre les biocombustibles produits à partir des cultures vivrières et d’autres types de biocombustibles comme l’éthanol cellulosique, un combustible produit à partir de résidus agricoles et de cultures qui ne sont pas destinées directement à la consommation. »
Mme May a par ailleurs ajouté qu’il était risqué de produire de l’éthanol uniquement à partir de cultures destinées spécifiquement aux biocombustibles.
« De toute évidence, l’éthanol produit à base de maïs contribue à exacerber la crise alimentaire. Nous ne pouvons pas laisser des gens mourir de faim dans le seul but de remplir nos réservoirs d’essence. Il faut offrir un prix juste aux exploitants agricoles pour qu’ils produisent des cultures destinées à nourrir les gens, pas à alimenter nos véhicules. »
Le gouvernement Harper affirme que le projet de loi C 33 permettra de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 4 mégatonnes par année. Selon le Parti Vert, l’amélioration des normes véhiculaires permettrait d’atteindre cet objectif encore plus facilement.
« En terme de cycle de vie, l’éthanol à base de maïs n’entraîne qu’une réduction marginale des émissions de gaz à effet de serre comparativement aux combustibles fossiles », affirme le porte-parole du Parti Vert en matière d’environnement et candidat de Guelf à la dernière élection partielle, Mike Nagy. « L’objectif stipulé par M. Harper pourrait être atteint et même surpassé en adoptant simplement des normes sur les émissions véhiculaires similaires aux normes californiennes, ce qui permettrait de réduire de 30 p. cent les émissions d’échappement dans les dix prochaines années. Au lieu de cela, M. Harper a choisi d’harmoniser les normes canadiennes avec celles beaucoup moins exigeantes de l’administration Bush.
M. Nagy a déclaré que si le gouvernement Harper voulait véritablement réduire les émissions véhiculaires et lutter contre les changements climatiques, il adopterait également une taxe sur les émissions carboniques et concentrerait ses efforts sur le rendement du carburant, les transports en commun, la réduction de la dépendance véhiculaire et le développement de l’économie à faible teneur en carbone.
« La stratégie de M. Harper pour écologiser l’image de son gouvernement – et masquer l’absence de son plan climatique – consiste à vanter les mérites des biocombustibles somme seule et unique solution aux changements climatiques. Mais les Canadiennes et les Canadiens ne sont pas dupes. Ils ne croiront pas sérieusement que ce gouvernement est sincère dans sa lutte contre les changements climatiques tant et aussi longtemps qu’ils verront M. Harper mettre tous ses œufs dans le panier des biocombustibles. Le Parti Vert continuera à talonner M. Harper pour qu’il prenne des mesures concrètes dans le dossier des changements climatiques. »