L’attitude mesquine de Baird lui vaudra des écorchures, dit le Parti Vert

VANCOUVER – La chef du Parti Vert Elizabeth May n’y est pas allée de main morte aujourd’hui à l’endroit du ministre de l’Environnement John Baird, qui a exclu les députés de l’opposition de la délégation canadienne officielle pour la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques prévue pour le mois prochain à Bali. M. Baird vient ainsi mettre fin à une tradition parlementaire de longue date qui consiste à laisser la partisannerie de côté lors de sorties sur la scène internationale.

« La tentative de M. Baird de réduire au silence les députés de l’opposition est révoltante et méprisable », a déploré Mme May. « En voulant faire taire les critiques, il prouve que les Conservateurs se préoccupent davantage de leur image que de passer à l’action pour contrer le changement climatique. »

Mme May a par ailleurs ajouté que la position scandaleuse du Canada sur le changement climatique sera attaquée par chaque intervenant responsable pendant les négociations des Nations Unies, comme ce fut le cas l’an dernier au Kenya.

« Si M. Baird croit que de piétiner la tradition et de laisser l’opposition derrière lui permettra de passer inaperçu lors des négociations de Bali, il va devoir déchanter. Lui et l’administration Bush seront isolés et, avec les Australiens sur le point d’élire en fin de semaine le Labour Party, qui est pro-Kyoto, même John Howard ne sera pas là pour les aider. »

« Il faut rappeler à M. Baird et au premier ministre Stephen Harper que la majorité des Canadiennes et des Canadiens n’ont pas voté pour le Parti conservateur », a rappelé Mme May.

« La grande majorité des Canadiennes et des Canadiens appuient la lutte contre le changement climatique – et pas les politiques régressives du Parti conservateur », a-t-elle ajouté. « M. Harper n’a qu’un mandat minoritaire; il n'a pas le droit d’exclure les membres de l’opposition de ces négociations d’une importance capitale. Une telle attitude prouve son manque de préparation à être premier ministre – il ne comprend pas la crise climatique pas plus qu’il ne comprend ce qu’est la démocratie. »