O'Connor doit démissionner, dit le Parti Vert après avoir appris que des prisonniers auraient été torturés

Le Parti Vert exigeait aujourd'hui la démission du ministre de la Défense, Gordon O'Connor. OTTAWA - Le Parti Vert exigeait aujourd'hui la démission du ministre de la Défense, Gordon O'Connor, à la suite de révélations selon lesquelles des Afghans détenus par les Forces canadiennes et livrés aux autorités afghanes auraient été brutalement torturés au cours d'interrogatoires. « Devant les éléments de preuve contradictoires qui s'accumulent, le ministre O'Connor nous a assuré à maintes reprises que les prisonniers capturés par les troupes canadiennes n'avaient pas été maltraités », disait la chef du Parti Vert du Canada, Elizabeth May. « Il est maintenant clair qu'il était soit au courant de la torture et refusait d'en parler, soit déterminé à ne pas connaître la vérité pour pouvoir continuer à nier, nier, nier. De toutes façons, il est inapte à occuper les fonctions de ministre de la Défense. » Le Globe and Mail faisait état aujourd'hui d'entrevues menées en personne avec 30 hommes qui avaient été capturés par les Forces canadiennes dans la province de Kandahar, puis envoyés dans des prisons locales pour y être interrogés par les services de renseignements afghans. Selon le quotidien, les hommes auraient été battus, fouettés, privés de nourriture, gelés, étouffés et soumis à des chocs électriques pendant les interrogatoires. « Face à ces révélations effroyables, le gouvernement fédéral doit maintenant cesser de tergiverser et ouvrir une enquête civile indépendante complète sur le traitement des prisonniers afghans détenus par les troupes canadiennes », réclamait le porte-parole du Parti Vert en matière de relations internationales et sécurité mondiale, David Chernushenko. Selon Chernushenko, le gouvernement devrait également mettre en oeuvre les mesures suivantes sans autre délai :
  • Suspendre tous les transferts de prisonniers jusqu'à la négociation avec les autorités afghanes d'un accord officiel et vérifiable sur le traitement et l'observation des prisonniers;
  • Dédommager financièrement les victimes de torture et les familles des prisonniers disparus après avoir été détenus par le Canada;
  • Financer et maintenir, en partenariat avec le gouvernement afghan, une base de données pour retracer le statut et le lieu de détention des prisonniers afghans et fournir des mises à jour ponctuelles sur leurs allées et venues et leur état aux membres de leurs familles.
« Contrairement au point de vue adopté par le premier ministre, défendre la Convention de Genève n'équivaut pas à soutenir les Talibans », disait Mme May. « Il ne s'agit pas de faire un choix entre la défense des droits fondamentaux de la personne et le soutien de nos troupes. « Comment pourrons-nous protéger nos soldats s'ils sont faits prisonniers alors que nous n'avons pas respecté la Convention de Genève? Comment pouvons-nous croire être une nation décente? »
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Camille Labchuk Attachée de presse Parti Vert du Canada 613-882-4761 clabchuk@greenparty.ca