Histoire du Parti Vert
Le mouvement vert
Le mouvement vert moderne fit son apparition au Canada et dans le monde au cours des années 1960 alors que la contre-culture des années 1960 entraînait un rejet en masse de la société de consommation. Quatre décennies plus tard, les idées de paix, d’amour et de compréhension des années 1960 donnèrent naissance aux valeurs-clés du Parti Vert, soit la non-violence, la justice sociale et la pensée écologique.
La fin des années 1960 vit le déclin de plusieurs mouvements locaux, mais leurs valeurs saines et positives ne disparurent pas complètement. Dans les années 1970, le mouvement vert commença à réapparaître timidement sous la forme de boutiques d’aliments naturels, de groupes de défense des droits des femmes, de groupes environnementalistes, de programmes d’énergie renouvelable et d’exploitations agricoles de type biologique.
Cette fois-ci le mouvement vert, même fragmenté, avait une structure et une base économique. Se développant à l’intérieur plutôt qu’en marge des collectivités, les mouvements verts ont éliminé peu à peu leur image d’entreprises transitoires et non essentielles. Au cours des années 1980, plusieurs personnes se sont lassées de l’impuissance des activités et des opinions isolées et tentèrent d’organiser le mouvement vert en créant des coalitions.
Cette décennie a vu naître le Réseau canadien de l'environnement, Canadian Organic Growers (une organisation d’exploitants agricoles écologiques), l'Alliance canadienne pour la paix, Voix des femmes, la Société d'énergie solaire du Canada et d’autres encore. L’ampleur de ces coalitions et leur niveau d’organisation ont propulsé le mouvement vert à un tout autre niveau - le niveau préélectoral. Naturellement, la prochaine étape était de transformer le mouvement vert en parti politique.
Les parti verts dans le monde
Le premier parti vert fut créé en Nouvelle-Zélande au début des années 1970 sous le nom de Values Party. Le premier parti vert à voir le jour dans l’hémisphère occidental fut créé dans les Maritimes vers la fin des années 1970 sous le nom de Small Party, d’après le titre d’une œuvre de E. F. Schumacher, Small is Beautiful.
D'ailleurs, la chef actuelle du Parti Vert du Canada, Elizabeth May, était la fondatrice du Small Party et devint l'une de ses toutes premières candidates à la charge publique lorsqu'elle se présenta contre le vice-premier ministre, Allan J. MacEachern, sur l'île du cap-Breton. En Grande-Bretagne, le premier parti vert porta tout d’abord le nom de Ecology Party. Mais il fallut attendre que le parti vert de l’Allemagne de l’Ouest, die Grünen, recueille 5 p. 100 des voix au scrutin et obtienne des sièges à la fin des années 1970 pour que le mouvement vert politique prenne enfin son essor.
Il existe actuellement plus de 100 partis verts à l’échelle mondiale et leurs candidates et candidats se font élire dans de nombreux pays, notamment en Australie, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, en Italie, en France, en Allemagne et en Finlande.
Le Parti Vert du Canada
Le Parti Vert du Canada a été fondé en 1983 à la suite d’une conférence tenue à l’Université Carleton, à Ottawa. Sous la direction de son premier chef, M. Trevor Hancock, le Parti a présenté 60 candidates et candidats lors de l’élection fédérale de 1984.
Le Parti Vert du Canada demeure indépendant des autres partis verts de par le monde tout en partageant leur philosophie. Le Parti Vert part du principe que toutes les formes de vie sur cette planète sont étroitement liées et que les humains ont le devoir de protéger et de préserver la nature. Le Parti Vert du Canada, tout comme ses divisions provinciales en Colombie-Britannique, en Alberta, en Saskatchewan, au Manitoba, en Ontario, au Québec, Nouveau Brunswick et en Nouvelle-Écosse, appuie l’économie verte, l’organisation sociale progressiste et la gouvernance responsable.
Depuis sa création, l’organisation du Parti a continué d’évoluer en recrutant des membres et en améliorant sa performance aux suffrages. Les Verts ont réalisé leur meilleure performance au cours de l’élection fédérale de 2000 avec 111 candidates et candidats, comparativement à 78 en 1997. Le 28 juin 2004, le Parti Vert du Canada est passé à l'histoire en devenant le quatrième parti politique fédéral à présenter des candidates et candidats dans chacune des 308 circonscriptions canadiennes. Malgré cet exploit, le Parti Vert fut le seul parti présentant une liste complète de candidats à se voir exclu du débat télévisé des chefs. Cependant, lorsque tous les bulletins de vote furent comptés, le Parti Vert avait réussi à récolter 4,3 p. 100 des suffrages exprimés, dépassant ainsi le seuil des 2 p. 100 requis pour avoir droit au financement fédéral en vertu des nouveaux règlements institués par Élections Canada.
Il est évident que le besoin de changement ne cesse de croître et de rallier les Canadiennes et les Canadiens autour de cette nouvelle voix politique. Lors de l'élection tenue le 23 janvier 2006, le Parti Vert présenta à nouveau 308 candidates et candidats et l'appui au Parti grimpa à 4,5 p. 100 pour l'ensemble du Canada, lui permettant à nouveau de se qualifier pour recevoir du financement fédéral. Un peu plus tard au cours de la même année, Elizabeth May faisait passer le Parti à l'histoire lorsqu'elle arriva deuxième à l'élection partielle de London-Centre-Nord. May avait obtenu 25,8 p. cent des suffrages, soit le meilleur résultat de toute l'histoire pour une candidate ou un candidat du Parti Vert du Canada, terminant devant les candidats conservateur et du NPD.
Sous la direction d’Elizabeth May, le Parti a pratiquement multiplié par trois le nombre de ses adhérents et par deux le vote vert au Canada, récoltant près d’un million de votes aux élections fédérales de 2008, et prouvant une fois de plus que le Parti vert est le parti à surveiller dans le nouveau paysage politique canadien.
Mme May est extrêmement populaire auprès des Canadiennes et des Canadiens, comme en témoigne l’énorme élan de soutien pour sa participation aux débats télévisés des chefs lors des dernières élections. Les résultats d’un récent sondage national ont révélé que plus de 40 pour cent des Canadiennes et des Canadiens souhaitaient voir la chef du Parti vert remporter un siège à la Chambre des communes – un souhait que le Parti vert est bien déterminé à leur accorder. En 2008, la deuxième place récoltée par Mme May dans Nova‑Centre, avec 32 % des suffrages, constituait un sommet sans précédent pour un candidat du Parti vert d’un pays encore sous le système majoritaire uninominal, tous pays confondus.
Un des points culminants pour le Parti vert fut sans contredit la participation de Mme May aux débats télévisés des chefs, une véritable première pour les verts. Mentionnons également le marathon électoral pancanadien réalisé par Mme May, accueillie et acclamée par des foules de partisans dans les gares du Canada, à toute heure du jour ou de la nuit. Le Parti vert du Canada est fier de travailler dans un esprit de collaboration avec ses membres, notamment en ce qui a trait à la démarche démocratique entourant l’élaboration de ses politiques.